L’étui, ou plus communément appelé ‘douille’, est le composant à la fois le plus coûteux et le plus durable de la munition.
C’est ce simple fait qui rend le rechargement possible et répandu.
L’étui est une sorte de bouteille qui retient la tête (balle), contient la poudre qui propulsera la tête dans le canon et est dotée d’une amorce pour enflammer la poudre. Le rôle de l’étui ne se limite pas à rassembler l’ensemble des composants pour en faciliter les manipulations mais il contribue à maintenir l’augmentation de pression fabuleuse qui se produira lorsque l’amorce sera percutée lors du tir. A ce moment, l’étui se déformera légèrement pour venir épouser les parois de la chambre et empêchera les gaz de s’échapper du côté du tireur. Le concept de l’étui aura amélioré la maniabilité ainsi que la rapidité lors du chargement des armes.
Les étuis furent fabriqués en cuivre, en fer, en aluminium, en carton, en plastique, mais c’est en laiton qu’ils sont les plus durables et le seul cas dans lequel ils sont rechargés. Le laiton est un alliage composé d’approximativement 70% de cuivre et 30% de zinc. Cet alliage est non-magnétique ce qui permet de sélectionner, si nécessaire à l’aide d’un aimant, les étuis en laiton des étuis métalliques recouverts d’une protection anti-rouille.
Les étuis en laiton sont formés à partir
d’un disque de métal qui est embouti en plusieurs étapes jusqu’à atteindre ses
dimensions finales. L’épaisseur des
parois ainsi que l’alliage peuvent varier d’un fabricant à l’autre ce qui
entraîne évidemment des différences au niveau de la résistance de l’étui. Par exemple, les parois des étuis Winchester
sont généralement plus minces que les Remington et, en général, les étuis du
commerce sont plus fins que ceux destinés à l’armée.
Cette différence d’épaisseur est
primordiale pour celui qui recharge car cela fait varier le volume intérieur
(les dimensions extérieures restent bien évidemment les mêmes !) et donc
la quantité de poudre.
L’étui à paroi épaisse demande un peu moins
de poudre pour atteindre la même pression et vitesse que les étuis plus
fins. Ou, avec la même quantité de
poudre, l’étui à paroi épaisse générera plus de pression que celui à paroi
fine. C’est pourquoi les manuels de
rechargement spécifient toujours la marque de l’étui dans les paramètres car on
doit adapter la quantité de poudre si on désire changer de marque d’étui.
Les étuis sont habituellement à parois
droites ou en forme de bouteille.
Généralement, les étuis pour armes de poing sont à parois droites alors
que les étuis pour armes d’épaule sont plutôt en forme de bouteille. Il existe bien évidemment des exceptions
comme le .357 Sig à forme de bouteille pour pistolet et le .450 Marlin à paroi
droite pour carabine.
Les étuis rechargeables sont pratiquement
tous à amorce centrale. Cela signifie
que le logement de l’amorce se trouve au centre de la base de l’étui. Il y a un petit trou pratiqué au fond du
logement de l’amorce qui communique avec l’intérieur de l’étui. C’est à travers ce trou que l’étincelle de
l’amorce provoquée lors du tir vient enflammer la poudre contenue dans
l’étui. Lors du rechargement, il faudra
donc retirer l’amorce grâce à la tige prévue dans l’outil et la remplacer par
une neuve.
L’étui est simple, d’une seule pièce, mais
à des parties reconnaissables. A la
base, autour de l’amorce, se trouve un bourrelet permettant un appui pour
l’extracteur de l’arme. A l’origine, le
bourrelet était plus large en diamètre que le corps de l’étui. Toutes les cartouches avaient ce type de bourrelet
comme les munitions à percussion annulaire telles le .22 Long Rifle.
Aujourd’hui encore, beaucoup d’étuis à
percussion centrale ont cette forme comme le .22 Hornet, .30-30 Winchester et
.45-70 Government. Ces munitions sont
très utilisées dans les armes à magasin tubulaire.
Plus tard, sont apparus les étuis sans
bourrelet. Ces étuis ne sont pas
vraiment sans bourrelet mais il a le même diamètre que le corps ; une
gorge les séparant. Ce type de munition
fut développé pour augmenter la fiabilité du chargement de l’arme à partir d’un
chargeur. Comme les munitions sont
empilées dans le chargeur, le bourrelet d’une des cartouches ne se coince plus
derrière celui de la voisine.
La plupart des munitions modernes utilisées
dans les armes à répétition ou automatiques sont du type sans bourrelet. Les plus beaux exemples sont le 9mm Luger
(9mm para), le .45 ACP pour les armes de poing, et le .222 Rem, .243
Winchester, .308 Winchester pour les armes d’épaule.
Entre les étuis à bourrelet et ceux sans
bourrelet, on trouve également des étuis à semi-bourrelet. Ces étuis plutôt rares ont un bourrelet
légèrement plus grand que le corps de l’étui ainsi qu’une gorge pour
l’extracteur. Les .220 Swift et .38
Super sont de beaux exemples.
Une autre forme d’étui sont ceux à
bourrelet rabattu. C’est un étui
comparable à ceux sans bourrelet mais avec un bourrelet plus petit en diamètre
que le corps de l’étui. Ce genre d’étui
est plus enclin à donner des problèmes d’alimentation et d’extraction c’est
pourquoi il fut peu populaire jusqu’à récemment avec l’arrivée des tout récents
WSSM et WSM ainsi que les Remington Ultra Mag et SAUM.
Le bourrelet rabattu sacrifie la fiabilité
à l’économie de production car il permet de chambrer des cartouches plus
grosses en gardant la même dimension de verrou.
La meilleure solution serait d’avoir le verrou aux dimensions du corps
de l’étui, mais cela entraînerait une augmentation générale du boîtier ,
du poids de celui-ci et donc des coûts de production.
La partie la plus solide de l’étui située à
l’arrière s’appelle en fait la base de l’étui.
Après la base, on trouve la gorge sauf dans
le cas des étuis à bourrelet.
Ensuite vient le corps.
Pour les étuis à forme de bouteille, la
partie séparant le plus gros diamètre du petit s’appelle l’épaulement. Ensuite vient le cou. Le cou procure un maintient serré de la
balle. L’habitude veut que le cou ait
une longueur équivalant au moins le diamètre de la balle pour aligner celle-ci
correctement.
A l’extrémité de l’étui se trouve la bouche
où on insère la balle. La plupart des
cartouches demandent que la bouche soit resserrée autour de la balle pour
l’empêcher de glisser lors du recul ou sous la pression du ressort des magasins
tubulaires.