Il existe différents procédés de sertissage
propres à chaque arme. Le roll crimp ne
s’applique qu’à la cartouche de carabine ou de revolver. La cartouche d’automatique chambre sur la lèvre
et nous ne pouvons donc lui appliquer qu’un sertissage taper crimp.
Le roll
crimp :
La cartouche de revolver chambre sur son
bourrelet et le recul peut faire glisser le siégeage et faire sortir la balle
de l’étui, bloquant la rotation du barillet et répandant la poudre dans le
mécanisme.
Siéger la balle est facile mais sertir
simultanément en roll crimp demande un réglage très pointu de la matrice.
Les balles de revolver comportent une
cannelure dans laquelle on refoule le laiton de la lèvre en un vigoureux
sertissage grâce à l’épaulement interne de la matrice de siégeage.
Plaçons un étui vide sur le shell holder et
abaissons le bras de presse jusqu’à sa butée.
Vissons la matrice doucement jusqu’à toucher la lèvre de l’étui. Maintenant, nous réglons le poussoir de la
tête et nous siégeons la balle pour que la lèvre affleure le bas de la
cannelure. Nous relevons le bras de la
presse et nous tournons alors tout le corps de la matrice d’un demi-tour en
vissant et serrons la bague de fixation en position. En abaissant de nouveau le bras de la presse,
la tête sera sertie sur l’étui.
Le sertissage s’accentue si l’on visse
progressivement le corps de la matrice sans toucher au poussoir.
Tout cela doit être modéré car un
sertissage excessif crée plus de problèmes qu’il n’en résout.
Pour un sertissage régulier, il faut des
étuis homogènes de longueur parfaitement identique !
Le réglage est très délicat. Trop accentué, l’effort vertical fait gonfler
le collet ; parfois même l’épaulement de la douille s’enfonce, bloquant le
chambrage.
Le
factory crimp :
Lee a conçu et breveté un outil spécial de
sertissage qui domine totalement les anciens procédés par un principe de
mâchoires latérales.
Le Lee factory crimp n’exerce aucune pression
verticale et le laiton est refoulé horizontalement dans la cannelure par les
mâchoires qui ne font que pincer le collet.
On siège d’abord la balle pour que la
cannelure soit enfoncée aux ¾ sous la lèvre de la douille avec la matrice
traditionnelle. On monte ensuite sur la
presse l’outil Lee.
La vigueur du sertissage est réglée par la
profondeur du vissage de la matrice dans la presse. Le réglage d’enfoncement doit permettre au
levier d’atteindre pleinement sa butée basse lorsque la cartouche est sertie. On bénéficie alors du bras de levier maximum
et on est sûr que le sertissage est vigoureux et régulier d’une cartouche à
l’autre.
Les mâchoires sont si puissantes que l’on
peut sertir une balle lisse sans cannelure.
Lee prétend que ce sertissage latéral
accroît la régularité de tous les chargements, que la balle soit cannelée ou
non.
Le taper crimp :
Le taper crimp ou sertissage cônique est
une opération réservée à la cartouche droite du pistolet automatique. On ne peut pas appliquer le sertissage
traditionnel roll crimp parce que la cartouche du pistolet auto chambre sur la
lèvre de l’étui qui doit rester cylindrique pour fournir une butée franche.
Une ou deux cartouches droites de pistolet
échappent à cette règle comme le 6,35 ou le 7,65 qui chambrent sur le bourrelet
du culot.
A l’inverse du revolver, la balle a
tendance à s’enfoncer dans l’étui sous l’effet du recul dans le chargeur et
sous la poussée contre la rampe de montée dans la chambre. Une matrice séparée de sertissage cônique ou
taper crimp et alors mise en oeuvre dans le but d’améliorer la tenue de la
balle dans le collet et d’obtenir une inflammation correcte des poudres lentes
des charges à grande puissance.
Le taper crimp consiste à pousser la lèvre
de la cartouche dans une bague faiblement cônique pour la presser contre la
balle. Le laiton de l’étui rentre
seulement de 2 ou 3/100mm dans la chemise de la balle sans altérer sensiblement
le profil cylindrique.