Chez
de nombreuses personnes, la force du préjugé est telle que le tir évoque
immédiatement une activité violente, puisqu’elle est pratiquée avec des
armes. Une fois de plus, la réalité est complètement
différente du fantasme.
Réflexion
et comparaison avec d’autres sports.
Une information entendue à la radio nous a
amené à nous interroger sur la question de la violence dans le sport. On nous apprenait qu’une importante
manifestation de pétanque venait d’être annulée à Montpellier. La raison de cette annulation est due au fait
que, contrairement à l’année dernière, les organisateurs avaient refusé
d’engager des maîtres-chiens et des vigiles pour assurer la sécurité de
l’équipe championne, originaire de Montluçon.
Certains concurrents ainsi que leurs supporters avaient menacé de s’en
prendre physiquement aux membres de l’équipe tenante du titre. Celle-ci a donc décliné l’invitation et les
organisateurs ont purement et simplement décidé d’annuler leur
manifestation. La pétanque jouit dans
l’opinion publique d’une image de sport particulièrement paisible, avant tout
pratiqué par des retraités. La réalité
est quelque peu différente car la pétanque est aussi un sport d’argent même si
les sommes en jeu n’ont rien à voir avec les salaires des joueurs de foot.
La maxime latine « mens sana in
corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain) s’applique de moins en
moins aux sportifs qu’ils soient ou non de haut niveau. Aujourd’hui, tous les moyens sont bons pour
gagner, même les plus inavouables.
Rappelez-vous cette patineuse américaine
qui avait envoyé des gros bras casser les jambes de sa rivale pour pouvoir
gagner une médaille d’or aux J.O. Les
cas d’arbitres achetés ou d’entente entre les compétiteurs sont assez
fréquents.
Il y a aussi la tricherie liée au
dopage. Aucun sport n’est épargné par ce
fléau. Des années plus tard, lorsque
vous apprenez que des champions célèbres prenaient différents produits pour
améliorer leurs performances en vue de remporter de titres, des médailles et
une gloire éphémère, cela ne peut que provoquer un sentiment d’écœurement.
Les stades sont devenus les arènes modernes
des jeux antiques où seule la victoire compte.
Quel que soit le niveau des pratiquants, il n’est pas rare que des
mauvais gestes et des coups soient échangés entre joueurs. Allez regarder un match de hockey sur glace
et vous constaterez que les coups de coude distribués en douce par les joueurs
de foot ne sont que de la petite bière.
Il y a de cela quelques années, après la
« déculottée » qu’avait pris l’équipe de la Nouvelle-Zélande contre
la France en demi-finale de la coupe du monde de rugby, certains joueurs
s’étaient épanchés dans les journaux de leurs pays. Imaginez de athlètes de deux mètres et de
cent kilos venir pleurnicher que les Français avaient employé contre eux des
méthodes déloyales. Méthodes qui
consistaient, par exemple, à les attraper par les testicules et à serrer
fortement...
Vous conviendrez que la chose paraît
cocasse mais qu’elle n’en manque pas moins de « fair-play ».
Il y a quelques mois, un joueur de foot âgé
de plus de 40 ans s’était battu comme un chiffonnier avec l’arbitre du match
pour une faute bénigne. Ledit
footballeur devait pourtant jouer dans une toute petite division. Les violences ne se cantonnent pas aux
joueurs sur le terrain. Elles débordent
souvent dans les tribunes et hors du stade.
A l’opposé de ces sports
« paisibles » qui se déroulent dans une ambiance « bon
enfant », nous trouvons l’exemple du tir.
Avez-vous déjà lu dans la presse du lundi
matin le titre suivant : « 20 morts et 50 blessés après la fusillade
qui a duré trois heures à cause des contestations des décisions des juges lors
des championnats régionaux de tir » ?
Non. Et pourtant, dans une
compétition de tir, tous les participants sont obligatoirement
« armés ». Les exemples où
l’on a recensé plus de 50 blessés à la suite de rixes sont fréquents dans de
nombreux sports.
Il est significatif de constater que les
tireurs, soupçonnés par préjugé d’être des « fous de la gâchette »
prêts à tirer sur tout ce qui bouge, se conduisent parfaitement bien.
Le plus extraordinaire c’est qu’il n’existe
pas le moindre cas répertorié de violence commise sur un pas de tir, et cela
dans le monde entier. Selon les lois des
probabilités, on pourrait envisager que la chose se soit déjà produite, mais
non : pas un seule fois. Le tir est
un sport où la violence n’existe pas et pourtant certains continuent de
regarder les tireurs avec suspicion.
Il existe de rares cas, très médiatisés, où
des personnes ayant obtenu des armes à titre sportif, mais qui n’étaient plus
en règle avec la loi, ont commis des crimes.
Prenons aussi le cas de la mortalité et des
blessures liées aux activités sportives.
En ce qui concerne le tir, s’il y a en
France et en Belgique un décès accidentel tous les dix ans dû à une arme sur un
pas de tir, c’est bien le bout du monde.
Et encore s’agit-il d’un problème technique, et pas d’un crime !
Par contre, dans pratiquement tous les
autres sports, il y a chaque année plusieurs décès. Si l’on se penche sur les blessures, alors là
c’est encore pire. En moyenne, 115.000
personnes sont blessées chaque année rien que pour les activités liées aux
sports d’hiver ! Lorsque vous
mettez bout à bout le coût total des fractures et autres entorses consécutives
à la pratique du ski, cela représente des sommes astronomiques chaque année.
Malgré cela, personne n’irait remettre en
cause les sports de montagne alors que ceux-ci provoquent plus de 40 décès
annuellement.
Quel que soit le sport que vous considérez,
le coût pour la collectivité des blessures liées à sa pratique va du cher au
faramineux.
Par contre, dans le tir, et mis à part
quelques champions de haut niveau qui peuvent être victimes de tendinites,
voire d’entorses, les cas de blessures sont rarissimes.
Le tir est une activité qui ne coûte
pratiquement rien à la collectivité.
Il est donc grandement temps de remettre
les pendules à l’heure et de rappeler que le tir est une activité paisible qui
ne coûte rien à la collectivité. De
surcroît, elle n’entraîne pas de comportements sociaux violents ou déloyaux, ni
de la part des pratiquants, ni de la part de leurs supporters.
Une situation très rare de nos jours...